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mercredi 10 mai 2023

Les Feuilles Marcophiles n°389 - une lettre signée Augé-Delile

Je me permets de réagir à l'article de Monsieur Jean-Jacques CURGY publié dans les Feuilles Marcophiles N°389 de l'Union Marcophile au sujet des difficultés de fabrication des timbres-Poste de l'émission de Bordeaux.

J'ai eu le plaisir de voir mon modeste blog cité dans cet article et je remercie Monsieur CURGY. Le thème du billet cité était la Maison Augé-Delile.

Si la lettre signée Augé-Delille du 4 mai 1871 présentée dans l'article illustre bien les difficultés d'approvisionnement des couleurs utilisées pour la fabrication des timbres-poste, il me semble également judicieux d'en donner le contexte et d'en préciser le contenu.

reproduction de la lettre présentée dans l'article de Monsieur Jean-Jacques CURGY dans le N°389 des Feuilles Marcophiles, page 31


Ces précisions sont données notamment par Fernand SERRANE dans son ouvrage de 1925 " Les Timbres-Poste de l'émission de Bordeaux (1870), 1ère Edition et des addenda à cet ouvrage ; 
  • il s'agit d'une réponse d'Augé-Delile à Monsieur le Directeur des Postes du département de la Gironde qui le questionna au sujet de timbres-Poste contrefaits,
  • Augé-Delile affirme dans cette lettre que les 20 centimes qu'il a expertisé proviennent de la matrice effectuée sur bois,
  • Fernand Serrane dans son ouvrage utilise cette réponse ainsi que la présence dans l'inventaire du matériel détruit par l'administration (procès-verbal du 12 août 1871 signé par MM. Lapouyade et Delebecque), d'une matrice en bois, pour prouver l'existence d'un timbre-Poste 20 centimes  issu de cette matrice : " Cette gravure sur bois a une existence certaine" (page 14 de l'ouvrage)
  • Dans la première page des addenda de la 1ère édition (peut être y-a-t-il eu une 2nde édition ?), M. Serrane rectifie ses propos en rapportant une déclaration de M. Dambourgez : " il n'y eût jamais de report de cette gravure sur bois".

lundi 3 octobre 2011

la Maison Augé-Delile

Je n'ai que très peu d'informations sur cet imprimeur-lithographe ; elle est évidemment nommée par tous les auteurs spécialisés de cette série. Voici les seules informations que j'ai pu glaner.


AUGÉ-DELILE fils et Cie., imprimeur en lettres et lithographe, 14 cours du Chapeau-Rouge,
Successeur : MARQUET et FAYET


L'imprimerie était à l'époque très encadrée. Le système des brevets institué sous le 1er Empire et modifié sous la Restauration, n'est supprimé que le 10 septembre 1870. On trouve un  Monsieur AUGÉ (André, Némorin), breveté taille-doucier, lithographe :
AUGÉ (André, Némorin).
Naissance : 1er juin 1829. Lieu : Saintes (Charente-Maritime).
Ancienne profession : graveur.
Domicile : fossés du Chapeau-Rouge, 42 (en 1860).
taille-doucier : date du brevet : 5 mars 1860, n° 307.
lithographe : date du brevet : 9 mai 1864, n° 4087.


On peut effectivement supposer au vu de la proximité des lieux et du métier qu'il s'agit de la même personne, ou du moins d'un des 2 associés.
La Maison Augé-Delile a en outre imprimé les billets de la Chambre de Commerce de Bordeaux fin 1870.


je n'ai trouvé aucun livre, aucun autre élément imprimé. 

samedi 11 juin 2011

Les FAUX de la série de Bordeaux - le 20 centimes

La 1ère convention de l'ASPPI, http://asppi.org/index.php, aura lieu le premier week-end d'octobre Cela m'a donné l'envie de faire le point sur ce que j'avais pu glaner comme informations concernant les faux de la série de Bordeaux. Il y a bien sûr :
  • les faux pour tromper l'administration postale,
  • les faux pour tromper les collectionneurs,
Les premiers sont devenus des objets de collection. La valeur faciale la plus falsifiée pour tromper l'administration postale est évidemment la plus courante, le 20 centimes bleu. Je n'ai d'ailleurs jamais vu de lettre affranchie avec d'autres faux que les 20 centimes. C'est donc de cette vignette que je parlerai aujourd'hui.
Le circuit de distribution de ces contre-façons serait composé des bureaux de tabac. Il existerait 4 faux pour servir, :

1) le faux de Morlaix, http://www.ville.morlaix.fr/, découvert sur lettre de Morlaix,

Descriptif du faux de Morlaix, par le Dr Jacques Grasset dans "Les Timbres faux pour tromper la Poste de France", éditions  Pierre de Méyere

2) le faux de Pons ou faux de Marseille, type I, http://www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/Portal.jsp
    Faux de Pons, GC 2240 (Marseille) et cachet à date type 17 du 18 janvier 1871, à destination de Crest dans la Drôme, VsO n° 115 Soluphil, http://www.soluphil.lu/
3) le faux Italien ou faux de Marseille type II,
    VsO n°98 Boule, http://www.boule-philatelie.fr/,




















4) le faux de Marseille, type III.


photographie extraite de l'ouvrage des Browns, peut-être extraite de l'ouvrage du Dr. Grasset.


Ces faux sont ils censés imiter les 20 centimes type I, type II ou type III ? Il est bien difficile de dire quel a, ou quels ont été leur modèle.
Le Dr Grasset en identifie un autre dans le n° 85 de Documents Philatélique, mais celui-ci ayant disparu, il n'en reste qu'une copie en noir et blanc de médiocre qualité.

Documents philatéliques n°85


Le plus courant est celui dit de Pons, du nom de la personne ayant été jugé. On trouve assez aisément des lettres portant ce timbre ; les exemplaires que je connais sont oblitérés GC 2240 ou GC 3401 (La Seyne-sur-Mer).

Vs0 n°505 Roumet, http://www.roumet.fr/, étonnante lettre datée du 26 avril 1871 signée du Directeur des Postes de la Drôme alertant le Receveur Principal de Valence sur l'existence de deux faux différents. Le 1er type est clairement un faux de Pons, le 2ème n'est clairement pas un faux des 4 types identifiés.

Malgré la qualité moyenne de cette reproduction, on peut assurer qu'il ne s'agit pas :
  • d'un faux de Pons, caractérisé par sa couleur soutenue, une tâche blanche importante dans la chevelure
  • d'un faux de Marseille de type II, facilement reconnaissable par les lettres de Repub Franc touchant le cadre
Je ne vois pas non plus les signes caractéristiques des faux de Morlaix et de Marseille type III.
hypothèse personnelle : il s'agit du type I.
Serrane reproduit une lettre de Augé-Delile, introduisant des timbres-postes régulièrement émis, fabriqués sur la planche de buis, préalablement au type I, et ayant donné lieu à alerte de l'adminsitration. Dans un addendum à ce même ouvrage, il cite Dambourgez affirmant qu'il n'y a jamais eu de tirage du 20 centimes sur buis.
Et pour finir cette jolie histoire, il existerait même des faux modernes de faux pour tromper les collectionneurs !? Il est naturel de conseiller aux collectionneurs d'acheter des faux sur lettre et de les faire expertiser.

vendredi 25 février 2011

Premier essai officiel

pièce unique sur la VPN n° 90 de la maison Behr : le premier essai proposé par M. Augé Delille.

L'essai est refusé pour défauts évidents sur les croix angulaires, les grecques sans ombre et le burelage.

La lettre K représenterait la Monnaie de Bordeaux, la croix recroisetée la marque personnelle du Directeur Delebecque.

Les lettres A et D pourraient être les initiales de Augé Delile ou celles de Delebecque.
http://www.behr.fr/internet_behr/index.php

Serrane attribue la paternité de cet essai à Dambourgez, par le simple fait que le burelage est identique à celui du 20 c type I.

la pièce est de nouveau en vente chez Behr - Vs0 n°54 lot 691 - prix de départ 12 000 €.